Au potager, ces petites pousses qui apparaissent à l’aisselle des feuilles divisent les jardiniers. Les supprimer promettrait des plants mieux aérés et des fruits plus gros, mais cette pratique peut aussi affaiblir certaines variétés ou réduire la récolte. Alors, faut-il vraiment enlever les gourmands des tomates ? Cet article vous aidera à comprendre leur rôle et à choisir la bonne méthode selon vos plants et vos objectifs.
Faut-il enlever les gourmands des tomates ?
Il n’est pas toujours nécessaire d’enlever les gourmands des tomates. La bonne décision dépend surtout du type de tomate cultivé, de la manière dont le plant est conduit et du résultat recherché.
Sur les tomates à croissance indéterminée, qui continuent à grandir et à produire de nouvelles tiges pendant toute la saison, la suppression de certains gourmands peut être utile. Elle permet de limiter le nombre de tiges, de faciliter le palissage et de conserver un plant plus aéré. Cette méthode est particulièrement adaptée lorsque les tomates sont cultivées sous serre, contre un tuteur ou dans un espace réduit.
À l’inverse, les variétés déterminées, souvent plus compactes, ont naturellement une croissance limitée. Elles produisent une grande partie de leurs fleurs et de leurs fruits sur leurs ramifications. Enlever systématiquement les pousses secondaires risque alors de diminuer le nombre de tomates récoltées.
Il faut donc éviter de considérer l’élimination des gourmands comme une règle absolue. Un plant de tomate laissé davantage libre peut produire beaucoup de fruits, à condition de disposer de suffisamment d’espace, de lumière et d’une bonne circulation de l’air. Un plant taillé sera généralement plus facile à guider et à surveiller, mais il comportera moins de tiges productives.
Le choix dépend également du climat. Dans les régions humides ou lorsque les plants sont très serrés, limiter la végétation peut contribuer à garder le feuillage plus aéré. Dans un environnement chaud et très ensoleillé, conserver davantage de feuilles peut au contraire protéger les fruits contre les brûlures provoquées par une exposition directe au soleil.
Comment reconnaître les gourmands sur un plant de tomate ?
Les gourmands sont des pousses secondaires qui se développent à l’aisselle des feuilles. Pour les repérer, il suffit d’observer l’endroit où une feuille rejoint la tige principale : une nouvelle petite tige peut apparaître dans cet angle et commencer à pousser vers le haut.
Il ne faut pas confondre trois éléments différents :
- la tige principale, qui constitue l’axe de croissance du plant ;
- la feuille, qui part latéralement de cette tige ;
- le gourmand, qui se développe entre la feuille et la tige principale.
Au début, le gourmand ressemble à une petite pousse munie de quelques feuilles. S’il n’est pas supprimé, il peut devenir une véritable tige secondaire, produire à son tour des feuilles, des bouquets de fleurs, des fruits et de nouveaux gourmands.
Les jeunes pousses sont généralement les plus faciles à identifier et à retirer. Une observation régulière des plants permet donc d’intervenir avant qu’elles deviennent épaisses.
Il est également important de ne pas confondre un gourmand avec un bouquet floral. Ce dernier porte de petits boutons jaunes ou verdâtres qui donneront les fleurs, puis les tomates. Supprimer accidentellement un bouquet floral revient à supprimer une partie de la future récolte.
Quels avantages à supprimer les pousses secondaires ?
Enlever une partie des gourmands permet avant tout de contrôler la forme du plant. Sur une tomate indéterminée cultivée sur un tuteur, il devient rapidement difficile de maintenir toutes les ramifications. La taille permet alors de conserver une ou quelques tiges principales faciles à attacher au support.
Un plant moins dense bénéficie également d’une meilleure circulation de l’air entre les feuilles. Le feuillage sèche généralement plus rapidement après la pluie ou l’arrosage, ce qui est intéressant dans les cultures très serrées ou les environnements humides.
La suppression des gourmands facilite aussi l’entretien du potager. Les fruits sont davantage visibles, les tiges plus accessibles et la surveillance des feuilles ou des ravageurs devient plus simple.
Limiter le nombre de tiges peut également concentrer davantage les ressources du plant sur un nombre plus réduit de fruits. Ceux-ci peuvent alors atteindre un calibre plus important dans certaines conditions. Cela ne signifie toutefois pas qu’un plant taillé produit systématiquement une meilleure récolte : le nombre total de fruits peut être inférieur, puisque chaque gourmand conservé est capable de devenir une tige fructifère.
La taille représente donc essentiellement un compromis entre maîtrise de la végétation, calibre des fruits et rendement potentiel.
Elle présente aussi quelques inconvénients. Chaque gourmand supprimé crée une petite blessure sur la plante. Une taille excessive réduit également la surface foliaire, alors que les feuilles sont indispensables à la photosynthèse et contribuent à protéger les tomates du soleil.
Il est donc préférable de retirer les gourmands de manière raisonnée plutôt que de chercher à éliminer toutes les ramifications sans tenir compte de la variété et des conditions de culture.
Quand retirer les gourmands des plants de tomates ?
Le meilleur moment pour retirer un gourmand est lorsqu’il est encore jeune et tendre, généralement avant qu’il ne devienne une grosse tige secondaire. Une pousse de quelques centimètres peut souvent être pincée simplement entre les doigts.
Il est conseillé d’inspecter les plants régulièrement pendant leur période de croissance. En pleine saison, de nouveaux gourmands peuvent apparaître rapidement, notamment lorsque les températures sont favorables et que les tomates disposent de suffisamment d’eau et de nutriments.
L’intervention est de préférence réalisée par temps sec, idéalement le matin après la disparition de la rosée. Les petites blessures occasionnées par la taille peuvent alors sécher plus rapidement.
Après une période de pluie, mieux vaut attendre que les plants soient secs avant de les manipuler. Travailler sur un feuillage mouillé favorise le transport de spores et de micro-organismes d’une plante à l’autre par les mains ou les outils.
Il n’est pas non plus nécessaire de supprimer immédiatement tous les gourmands. Certains jardiniers conduisent leurs tomates sur deux ou trois tiges. Dans ce cas, un ou plusieurs gourmands vigoureux sont volontairement conservés pour devenir des axes secondaires.
À l’approche de la fin de la saison, les priorités peuvent également changer. Lorsque le temps restant avant les premiers froids devient court, limiter la formation de nouvelles tiges et de nouvelles fleurs peut aider le plant à consacrer davantage de ressources aux tomates déjà formées.
Comment enlever les gourmands sans abîmer le plant ?
Les petits gourmands peuvent généralement être supprimés à la main. Saisissez délicatement la pousse entre le pouce et l’index, puis pincez-la à sa base sans tirer brutalement sur la tige principale.
Lorsqu’un gourmand est déjà épais ou bien développé, mieux vaut utiliser un sécateur propre et bien aiguisé. Une coupe nette provoque moins de déchirures qu’un arrachage.
Quelques précautions permettent de limiter les risques :
- intervenir lorsque le plant est sec ;
- éviter de casser ou d’écorcher la tige principale ;
- utiliser un outil propre pour les grosses pousses ;
- retirer progressivement les gourmands plutôt que de supprimer une grande quantité de feuillage en une seule fois ;
- éviter une taille trop sévère pendant les périodes de très forte chaleur.
Si un gourmand est devenu très gros et porte déjà plusieurs bouquets de fleurs ou des fruits, son retrait n’est pas forcément intéressant. La blessure serait plus importante et une partie de la production serait perdue. Il peut alors être préférable de conserver cette tige et de lui ajouter un support.
Pour une culture sur une seule tige, l’inspection régulière reste la méthode la plus simple. En retirant les pousses lorsqu’elles sont encore petites, les interventions sont rapides et les blessures restent minimes.
Les gourmands retirés peuvent même parfois être utilisés pour multiplier les plants. Une pousse suffisamment développée peut former des racines lorsqu’elle est placée dans l’eau ou directement dans un substrat humide. Cette technique permet d’obtenir un nouveau plant génétiquement identique au pied d’origine.
Quelles variétés de tomates faut-il laisser pousser ?
Les tomates à croissance déterminée sont généralement celles qu’il est préférable de peu tailler, voire de ne pas tailler du tout. Leur développement est naturellement limité et leur production est concentrée sur un nombre défini de ramifications.
Supprimer leurs gourmands peut donc enlever des tiges qui auraient porté des fleurs et des fruits. Pour ces variétés, la taille se limite plutôt à retirer les feuilles abîmées, celles qui touchent le sol ou les parties présentant des signes de maladie.
Les tomates buissonnantes et de nombreuses variétés destinées à la culture en pot suivent souvent ce mode de croissance. Elles forment naturellement des plants compacts et ramifiés qui ne nécessitent pas la même conduite qu’une tomate grimpante.
Les tomates cerises indéterminées peuvent également être laissées plus libres lorsqu’elles disposent de suffisamment d’espace. Leurs nombreuses ramifications sont capables de produire une grande quantité de petits fruits. Une taille très stricte n’est donc pas indispensable si le plant est correctement soutenu et reste suffisamment aéré.
À l’inverse, les grandes tomates indéterminées cultivées verticalement sont souvent plus simples à gérer lorsqu’elles sont conduites sur une ou deux tiges. La suppression régulière de certains gourmands évite alors que le plant forme une masse végétale difficile à palisser.
En pratique, la méthode la plus adaptée consiste à identifier le mode de croissance de la variété avant d’intervenir. Les tomates déterminées gagnent généralement à conserver leurs ramifications, tandis que les tomates indéterminées peuvent être taillées selon l’espace disponible, le climat et la manière dont elles sont conduites.
Il n’existe donc pas une seule façon correcte de gérer les gourmands. Un jardinier qui recherche des plants faciles à tuteurer pourra supprimer régulièrement les pousses secondaires. Celui qui dispose de beaucoup d’espace et souhaite privilégier le nombre de fruits pourra en conserver davantage. L’essentiel est d’adapter la taille au type de tomate plutôt que d’appliquer systématiquement la même méthode à tous les plants.









